Et si l’avion redevenait Exceptionnel… ?

On s’habitue vite à la facilité, la rapidité… Mais que se passe-t-il si ces habitudes vont à l’encontre écologique ? Est-il logique de continuer en sachant que c’est une cause de notre malheur futur ? C’est la question que se posent tous citoyens avec une sensibilité environnementale.
Et dans ce domaine, les transports et notamment le transport aérien est à la fois une avancé majeure de l’ère moderne et en même temps une des causes importantes de pollution, toujours est en pleine expansion.

La vérité en chiffre

Les émissions dues aux transports aériens

On peut estimer que l’aviation représente aujourd’hui environ 3% et 3,5% des émissions globales de gaz à effet de serre mesurées en équivalent CO2

Voir note de l’IDD “Les émissions de CO2 et l’impact sur le réchauffement de l’aviation

Un avion moyen (bimoteur, 150 passagers) consomme 2700 kg de kérosène à l’heure. Cela cause l’émission de CO2 évidemment, mais aussi d’oxydes d’azote (NOX), de particules fines et de vapeur d’eau provoquant des traînées de condensation et la formation de Cirrus (nuages de haute altitude).
Et il s’agit bien d’eau, qui forme les trainée de condensation visible après le passage d’un avion, et non pas des produits chimiques envoyés sur la population par le gouvernement pour faire des tests viraux de grandes envergures. #complotmagazine

Comparatif des moyens de transport

En étudiant un rapport de l’EEA, l’European Environment Agency, ou AEE en français, on relève le bilan ci dessous :

Comparatif d’émission de CO2 par passager suivant le moyen de transport

Qui est l’European Environment Agency ?
Il s’agit d’une agence de l’Union européenne chargée de fournir des informations fiables et indépendantes sur l’environnement. L’EEA vise à soutenir le développement durable en contribuant à une amélioration significative et mesurable de l’environnement en Europe, en fournissant des informations opportunes, ciblées, pertinentes et fiables aux agents politiques et au public.

Ce graphique montre bien que par personne l’avion produit, quasiment 2 fois plus qu’une personne seule dans sa voiture, 4 fois plus qu’une personne en bus, et 20 fois plus qu’une personne en train, de CO2 au kilomètre.

Ces chiffres sont effectivement approximatifs, mais la tendance est bien réelle. On peut aussi le mesurer sur le site : https://www.goodplanet.org/fr/calculateurs-carbone/ qui permet de mesurer le bilan carbone d’un voyage. Vous pouvez le faire pour les transports, mais aussi pour votre alimentation, maison… à un niveau personnel ou entreprise.

Pour un simple trajet Toulouse-Paris, on peut voir la différence entre l’avion, la voiture, et le train :

Comparatif trajet Toulouse-Paris

L’évolution du transport aérien sur les 20 dernières années est très importante :

  • Depuis 2000 : Multiplication par 3 du nombre de passager par an. En passant de 1,6 Milliards à 4,3 Milliards en 2018. Airbus et Boeing prévoit une croissance de 4-5% par an pour les prochaines années. On parle de 8 Milliards de voyages par an en 2037.
  • Et quasiment une multiplication par 2 du transport de fret sur la même période représentant 35 % (en valeur) des marchandises du commerce mondial.

« Transport aérien, fret (millions de tonnes-kilomètres) » [archive], sur Banque mondiale (consulté le 13 novembre 2017).


Les incohérences des taxations :

Comme souvent l’état ne défends pas la cause écologique. Je comprends que l’on aide Airbus, fleuron de notre industrie française, qui doit vendre des avions, et donc pour cela les transports aériens doivent se développer. Mais pourquoi est ce que le kérosène n’est pas du tout taxé.
Pour les autres moyens de transports, les taxes sont très importantes : sur l’essence de nos voitures ou pour la SNCF qui paye des taxes sur l’électricité utilisé pour les trains. Mais pour le kérosène : RIEN.

Depuis la convention internationale de Chicago de 1944 sur l’aviation civile internationale, ratifiée par la France, les vols internationaux sont ainsi exonérés de toutes taxes sur les carburants. L’objectif, à l’époque, était de développer le trafic international. Ils ne subissent ni TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), ni TVA. Un manque à gagner estimé, pour la seule TICPE, à plus de 3 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat en 2018, selon un rapport annexé au projet de loi de Finances 2018.

Attention, je ne dis pas que les billets d’avion ne sont pas taxés. Il en existe une multitude : Taxe d’aéroport et autres. Mais rien sur le carburant extrêmement polluant qui est utilisé.

Pour comparatif, un déplacement TOULOUSE-BERLIN, pour aller y passer un WE :

  • En avion : avec Ryanair : 3h de vol, et 60€ aller/retour
  • En train : 18h de voyage et 450€ aller retour

Ça fait mal à mon écologie…


Solutions pour les particuliers :

Diminuer fortement les voyages en avion, voila un geste possible qui aura un impact fort sur votre bilan carbone. Je ne parle pas de ne plus prendre l’avion du tout, mais de le prendre moins souvent:

  • Avec tous les moyens de communication actuels, est ce qu’il est nécessaire de se déplacer autant pour des voyages d’une journée à l’autre bout de la France ou de l’Europe pour assister à un simple rendez-vous personnel ou professionnelle ? Alors, on favorise le courrier électronique et les vidéo-conférences. C’est plus rapide, moins cher, et meilleur pour l’environnement.
  • On évite de multiplier les formules vacances / WE aux 4 coins de la méditerranée ou de l’Europe.
  • Pour les “sauts de puces” (< 1500km aller retour), on privilégie le train, l’autocar, ou le covoiturage
  • On espace les voyages à l’autre bout du monde, ou alors, toujours, avec nos moyens de communications actuels, pour partir 3 semaines : partez 1 semaine avant et continuez de travailler pendant votre voyage en train en vous rappelant que le voyage peut être aussi intéressant que la destination.

Et faire attention à ce que l’on consomme :

  • Comme dit plus haut, le transport aérien de fret représente 35% de la valeur mondiale, et il s’agit essentiellement de produits frais qui ont des dates de péremption courte. Alors on se nourrit local, et on évite les kiwis de Nouvelle Zélande, ou les haricots du Kenya.

Solutions politiques :

Je ne suis pas forcément pour les taxes, et considère que le changement viendra plus par l’éducation que par le bâton. Mais je suis aussi favorable pour la politique du pollueur/payeur. C’est un danger écologique de pouvoir proposer des billets d’avion pour traverser toute la France ou l’Europe à 50€, souvent moins cher que le bus ou le train.

Il faut appliquer les mesures de taxation, même si elles sont impopulaires. Petit rappel à notre ministre de l’écologie actuel, François de Rugy qui dénonçait la non taxation du kérosène en 2010, au moment où il était député en disant qu’il s’agissait d’un problème « particulièrement choquant du point de vue écologique et du point de vue social » et dénonçant sans ambiguïté « une injustice majeure. »
Pourtant, maintenant ministre, cette mesure ne semble plus faire parti de ses priorités….

En plus de cette taxe kérosène, on pourrait aussi mettre en place :

  • Une meilleure gestion du trafic aérien pour réduire le temps d’attente des avions avant de pouvoir atterrir.
  • Interdire les sauts de puce (vol < 1000km)

Solutions du secteur aéronautique :

Je ne suis pas dans la confidence, mais j’ose espérer que les grands du secteur comme Airbus ou Boeing, ont dans les tuyaux des solutions “plus écologique” :

  • Forcé par le marché, ils développent maintenant des avions moins consommateurs type A320-A350 NEO, plutôt que de très gros porteur type A380. Les moteurs consomment moins, les progrès techniques permettent d’économiser de la masse et donc du carburant.
  • Optimiser les procédures de vol pour éviter de faire tourner les moteurs au sol ou en vol en attendant une piste libre.
  • Équiper les avions de moteur électriques pour les déplacements sur le tarmac
  • Compenser les émissions de CO2 avec des projets écologiques.

Au final

Mon but ici, n’est pas d’appeler à un boycotte de l’avion, je serais mal placé de demander ce que je n’applique pas, et étant de Toulouse, le secteur de l’aéronautique me permet de travailler. Mais, comme toujours, d’essayer d’avoir une utilisation raisonnée de cet outil.
Favoriser l’utilisation de moyens de transport alternatifs, privilégier les vacances en train en France, et éviter les déplacements inutiles quand il peut être remplacé par un coup de téléphone ou une vidéoconférence.

Il faut garder à l’esprit qu’un vol Paris-New York en avion émet environ 1 tonne de CO2. Soit presque la totalité du « budget carbone » annuel auquel un français devrait se limiter s’il voulait vraiment lutter contre le changement climatique. Et ce n’est QUE le voyage “aller”.

Dans l’ensemble, réduire ses besoins en transport (en avion, mais aussi et surtout en voiture) est donc la meilleure manière de réduire son empreinte carbone.

“Le risque qu’il y ait une bombe dans un avion est de un sur un million.

Le risque qu’il y ait deux bombes dans un avion est de un sur cent milliards. La prochaine fois que vous prendrez l’avion, diminuez les risques, emmenez votre bombe !”

Benny Hill
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